Sisi, la famille 6

Des gens. Les satellites, les cachettes, les lumières, les refuges, les dangers, les trous noirs.

Tu lis les dictons en comic sans, avec des petits lapins qui s’embrassent, ou des chatons vaguement maléfiques,  sur fond de paillettes, à propos de ces amis qu’on choisit, tu te dis : « vraiment ? »

Quand tu as de la chance, tu as une famille.

Quand tu as beaucoup de chance (hum), tu en as deux.

Le revers de ça, c’est que par moment tu aimerais bien être indifférent à ceux qui t’entourent. Décider que tes erreurs et les leurs ne comptent pas tant que ça. Qu’on peut se laisser, finalement ; qu’on se bouffe bien trop d’énergie pour pas grand-chose. Se laisser ; laisser filer ; laisser glisser ; ne plus rien mâchonner. Ne même plus faire l’effort d’effacer les ardoises : décider qu’il n’y a plus de dettes, qu’on va aller vivre chacun de son côté, hein, et les escalopes seront bien peignées.

Sauf que.

La tendresse. Les souvenirs. Les crevasses, les griffures, les infimes dénivelés qui se comblent soudain, s’égalisent quand tu embrasses pour la cent millième fois la même joue, en te demandant si au coin de tes yeux à toi, les mêmes empreintes de sourires commencent à se creuser. Les confidences qui se déversent, furieusement ; les reproches qu’on écope tant bien que mal ; les vagues et les tempêtes ; et tout ce qui manque de nous noyer.

Et le calme, soudain ; le calme, finalement ; quand il devient clair que si tu veux qu’on t’abandonne vraiment, il va falloir nager très, très loin.

La certitude furtive que tu n’as pas la moindre envie de te remettre à la natation.

6 avis sur “Sisi, la famille

  1. ouais juil 25, 2014 11:09

    Nous les humains de terre on est un peu con on a besoin de la terre ferme justement. Alors merde aux tempêtes, aux noyades et aux reproches! Restons sur terre devient notre devise.

    Avec les cheveux blancs on se détache de l autre amoureusement (si on l a ete et c est loin d être toujours ainsi parfois ce n est qu amitié et sexe qui se sont entremêlés) en se disant que là on est pas si mal, on connaît les reproches, les tempête, les vagues…

    Alors on reste sur terre et on cherche sans trop se le dire une petite planète loin, trop loin avec qui on aurait aimé vivre sans concession aucune, TOUT. La galaxie est malheureusement vaste, pas de teleportation, pas de spatiauxbars où boire un café juste pour voir son sourire 5 petites minutes

    Non mais que fait la science bordel de chiottes!!

  2. ouais juil 25, 2014 12:26

    C est la même chose avec les amis. En moins casse tête parce qu un ami un peu chiant ça se dégage sans dommages collatéraux grave. Du coup vive la liberté, la chape enfin ôtée on respire.

  3. pfff juil 25, 2014 12:41

    Merci madame.
    Ça résonne carrément, ce que vous écrivez là, dans ma tête et dans mon coeur.
    Famille je t’aime, famille je te hais.
    Faire la paix…
    Merci Pétronille!

  4. ouais juil 25, 2014 19:21

    Ps : la famille ça se dresse dès son enfance. Je n ai plus qu une tante conne et dévote, à qui j ai bien fait comprendre ce qu elle était dès mes 14 ans. Etrangement depuis elle m ignore. La belle famille doit comprendre qu on est juste un étranger qui baise leur progéniture. Les parents, les frères et les soeurs c est plus compliqué, à ce niveau j ai eu de la chance.

    Bref, on fait tous comme on peut. La famille c est comme les amis et les conjoints, on doit rester soi même en leur presence si c est pas possible on biaise par la taquinerie ou autre histoire qu ils se calment ou dégagent par eux mêmes.

    Mais que fait la science bordel de cons!!:p

  5. Mozzarellette juil 26, 2014 20:04

    Et le calme, soudain ; le calme, finalement ; quand il devient clair que si tu veux qu’on t’abandonne vraiment, il va falloir nager très, très loin.

    Cette phrase je vais me la répéter les mauvais jours…je n’arrive jamais a choisir ce que je préfère entre les textes drôles et les beaux textes…en fait je crois que c’est vous Impératrice que j’aime tout plein (comme les rillettes…)

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